Portail des arts martiaux et sports de combats

Le site du Muaythai, Muay thai et boxe thai

 Etranglements
Par Bas Rutten
Age : 33 ans.
Poids : 92 kilos.
Taille : 1,84m.
Profession : combattant et entraîneur.
Palmarès : Champion des Pays-Bas de Boxe Thaïlandaise (14 victoires par K.O.)
En Pancrace, 30 victoires et 2 défaites (face à Shamrock et Funaki)
etranglement2.jpg (12154 octets)

Article paru dans Karaté-bushido

    Enfant chétif et asthmatique, Bas Rutten a démarré les arts martiaux à l'âge de 21 ans. A force de volonté, il obtient son deuxième dan en Karaté et en Taekwondo. A 23 ans, il débute la Boxe Thaïlandaise. Il remporte ses quatorze premiers combats par K.O. Puis, pour des raisons médicales, il doit à nouveau stopper le sport. Lors d'une démonstration télévisée, Chris Dolman, champion du monde de Sambo, est impressionné par Bas Rutten. Il lui demande de venir s'entraîner dans son dojo. Il commence alors l'étude du wrestling. Un jour, des promoteurs japonais dont Funaki et Suzuki viennent au dojo en quête de jeunes champions pour des tournois de Pancrace au Japon. Lors d'un combat d'entraînement, Bas envoie son adversaire japonais à l'hôpital sur un magistral high-kick. Quelques semaines plus tard, à Tokyo, il bat Yanagi Sawa par K.O. en 43 secondes. Après une défaite sur une clé face à Ken Shamrock, il décide de s'entraîner sérieusement au sol. Nommé Roi du Pancrace en septembre 95, Bas reste invaincu depuis cette date.

En Pancrace, on distingue trois types d'étranglement :

- Les étranglements sanguins, résultant de la compression des carotides
- Les étranglements nerveux
- Enfin les étranglements respiratoires, obtenus en agissant sur la trachée.

Pratiquement, il faut penser aux compressions latérales au niveau des carotides. De cette façon, si la possibilité de provoquer l'évanouissement nerveux n'est pas certaine, on peut déclencher un étranglement sanguin. Cette compression s'effectue directement par le contact d'une partie de la main ou de l'avant-bras, ou par l'intermédiaire du col ou du revers du kimono, suivant la tenue et le sport pratiqué. Dans tous les cas d'étranglements latéraux, l'adhérence doit être parfaite sur la nuque, tandis que la pression maximum doit se faire sur les jugulaires et les carotides. Dans ces conditions, il ne faut pas s'inquiéter de la défense de l'adversaire qui colle son menton sur sa gorge : serrer à l'extérieur de cet obstacle si vous vous pouvez pas passer dessous. Il est souvent nécessaire d' immobiliser l'adversaire qui essaie de se dégager. Pour cela, il suffit de lui bloquer les jambes. Une manière simple consiste à placer votre jambe gauche en crochet extérieur, genou levé, plante du pied contre le creux poplité droit adverse. Le rôle de cette jambe est d'empêcher l'adversaire de se relever.

Quant à votre jambe droite, le coup de pied dans la fourche, le tibia dans le pli de l'aine gauche, elle résiste à l'écrasement de l'adversaire qui annulerait ainsi les effets de votre strangulation. Si dans cette position l'adversaire essaie de tourner, vous n'aurez aucune difficulté à le suivre dans ses tentatives, sans relâcher votre pression.

Il existe une deuxième manière de fixation: placez vos jambes en collier, pieds croisés sur une seule jambe adverse.

Il ne faut pas rechercher un étranglement brutal, hâtif et violent

K-B. : Bas, tu sembles très à l'aise au sol ?
B.R. : J'ai un avantage naturel certain : je possède des doigts très longs, ce qui me permet d'agripper facilement mes adversaires.

K.B. : Tu as obtenu des résultats étonnants en très peu de temps ?
B.R. : Grâce au travail quotidien, et par une recherche continue de la technique la plus simple et la plus efficace. J'ai exhumé de vieilles techniques considérées comme dangereuses et abandonnées par le judo, la lutte, le ju-jutsu. Je les ai analysées à raison de 6 heures par jour afin de pouvoir les appliquer sur un ring.

K.B. : Quels seraient tes conseils concernant les étranglements ?
B.R. : Il ne faut pas rechercher un étranglement hâtif, violent, provoquant des actions brutales de l'adversaire, qui devient alors difficile à maîtriser. D'abord, apportez beaucoup de soin à l'accrochage de vos jambes. Cela fait, placez avec précision une main, puis l'autre. Le contact doit être réalisé sur la trachée ou les régions carotidiennes. Serrez très progressivement. En cas de fatigue des doigts, arrêtez la progression, mais maintenez la pression déjà obtenue jusqu'à l'abandon de l'adversaire. Accordez votre préférence aux étranglements croisés, beaucoup plus sûrs que les non-croisés. Il ne s'agit pas tellement de serrer fort, mais de serrer longtemps et avec précision.

K.B. : Est-ce que les étranglements sont dangereux ?
B.R. : Oui. Il ne faut jamais effectuer une strangulation à fond. Le but de cette dernière est de faire perdre connaissance à l'adversaire, suite à une compression des carotides, empêchant l'irrigation du cerveau. C'est l'étranglement sanguin. En écrasant la trachée artère, on empêche le renouvellement de l'oxygène dans le sang, d'ou l'asphyxie. C'est l'étranglement respiratoire. La forme Hadaka-jime en japonais peut même occasionner une élongation de la nuque. Il existe aussi des étranglements nerveux. En règle générale, il ne faut jamais exécuter un étranglement ou une tentative de sortie d'une façon désordonnée et précipitée, car vous risquez des lésions des vertèbres cervicales. Sans kimono, il y a beaucoup moins de strangulations faciles à exécuter.

etranglement1.jpg (22880 octets)

MON CONSEIL
Vous devez avoir un mental de gagnant, une bonne technique et travailler dur. Chaque technique doit être travaillée à 100%, à l'entraînement comme en combat.



 

Copyright © 2018 - Martial OnLine - Tous droits réservés.